Panagia Mesosporitissa

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Panagia Mesosporitissa

« Panagia Mesosporitissa » est le nom donné à une chapelle orthodoxe construite à quelques centaines de mètres de l’ancien sanctuaire d’Éleusis. En prenant l’expression « Panagia mesosporitissa » pour exemple, cette fiche interroge le mécanisme de la surinterprétation, elle ouvre la discussion et explore le type de recherche nécessaire à la maîtrise de la dérive sémantique en ethnomycologie.

panagia mesosporitissia 1928
Telesterion du temple de Demeter; Chapelle Panagia Mesosporitissa, au fond (1928)

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Offrandes de nourritures aux morts, devant la chapelle de la Panagia Mesosporititissa à Elfsina ( eleusis)

 

C. Ruck écrit à propos de cette chapelle :

The journey to Persephone’s realm died when the Christians desecrated the sanctuary in the 4th century, but the power of the Goddess lives on in the chapel of the Virgin built on the hillside above the site, where she bears the name of Mesosporitissa, the lady whose indentity is  » Within the Kernel of Grain »; and the women of the village still bring her loaves of bread baked from the first fruits of the harvest.

C.A. Ruck, Sacred Mushroom of the Goddess, P. 186.

La traduction de « Panagia Mesosporitissa » en – (Our Lady) « Within the Kernel of Grain «  – est-elle une métaphore inventée par C. Ruck, ou bien, avons-nous des traces de cette métaphore dans les textes classiques ? Une discussion sur cette question est maintenant amorcée dans la mailing-list du Classical Greek and Latin Discussion Group 1, voici l’état principal de cette discussion.

…. my question, to your group, is simply to verify if « mesosporitissa » occurs in classical greek texts, or not?

Jean-Luce Morlie

The answer to your question is, I think, No. Mesosporitissa Μεσοσπορίτισσα as far as I can make out is a feminine form, characteristically Byzantine or later, related to the adjective mesosporites μεσοσπορίτης which is perfectly grammatical in classical Greek but doesn’t show up in the lexica that I know (we’d have to check farther, though). All the connections are medieval. Μεσοσπορίτης is one of the traditional (medieval, not classical) names for the month November, and the feast of the crop-protecting Panagia at Eleusis and other places is November 21.
(The important Eleusinian mysteries were earlier in the fall.)

Owen Cramer

§


Exposé du contexte

Dans la ville de Medellín (Colombie), comme chaque année depuis 1991, du 19 au 26 juin 2016, se tiendra le 26e Festival international de Poésie. C. Ruck y présentera le projet d’une fondation dont il trace les objectifs dans son texte de présentation The Gaia Project : Restoring Ancient Mysteries (prépublié en avril 2016 ). Pour asseoir l’idée d’un redéploiement d’un culte éleusinien sur le site d’Elfsina, C. Ruck s’appuie sur la présence sur ce site de la chapelle byzantine portant le nom de « Panagia Mesosporitissa », lequel se traduit usuellement par « Notre Dame du milieu des moissons ». Le discours de C. Ruck commence par  récapitulé les éléments de la thèse selon laquelle la boisson sacrée d’Eleusis serait une préparation à base du champignon Claviceps purpurea. Considérant cette proposition comme parfaitment démontrée, alors qu’il ne s’agit que d’une possibilité, C. Ruck évoque,  mais sans la mettre en discussion, une interprétation de « Mesosporitissa », qu’il traduit de façon redondante comme de « l’intérieur du noyau du grain » (« Within the Kernel of Grain « ). Cette forme de métaphore lui permet de sous-entendre une allusion « au principe de l’ergotine » extraite du seigle infecté comme étant le noyau du secret éleusinien. Les deux extraits qui suivent nous permettront d’examiner sur pièce la mécanique de la surinterprétation:

… In addition to furthering research into the past and the study of the Eleusinian Mystery through seminars and conferences, the museum complex will look to the future. Among the sponsored activities will be investigations into rediscovering a personal commitment to Gaia through techniques of meditation, spiritual exercise, alternative medicine, and artist workshops. The center would also support research into environmental remediation and new sources of energy and safe methods of tapping the planet’s gifts. Eventually we hope to see agriculture return to the Rarian plain, and make the museum a destination of pilgrimage again for the modern world.

I was a member of a team in the 1970s that sought to uncover what actually happened in the Eleusinian sanctuary. It is well-documented that the experience was visionary, and that it had been profaned toward the end of the fifth century BCE by inducing it unlawfully among groups of revelers at private drinking parties by employing the sacred entheogen as a recreational drug. We demonstrated that the initiates were afforded a glimpse into a transcendent reality by the ingestion of a powerful psychoactive agent derived from ergot (Claviceps purpurea) a natural substance similar to LSD (lysergic acid diethylamide), LSA (lysergic acid amide), the same toxin that is the active agent in ololiuqui, as derived from certain morning glories in Mesoamerican shamanism, and apparently also known in ancient Greece and to European folkloric tradition as bindweed.

… we propose that Elefsina (1) become the nucleus and world center for humankind’s renegotiation of its compact with its planet Earth. To this end, we are seeking recognition of the village and the archaeological remains as a world heritage site and the soliciting of funding from international and Greek donors to build a new museum complex, incorporating the area and some of the abandoned industrial ruins that now comprise the art center. The symbolism is simple. We do not propose restore a defunct religion or to reverse the course of time, but to begin anew with a new contract with Gaia. As in antiquity, we depend on the bounty of Gaia for prosperity.

Carl A.P. Ruck, The Gaia Project: Restoring Ancient Mysteries, Festival Internacional de Poesía de Medellín, Published at april 10th, 2016.

(1) Nom du village actuellement situé sur l’ancien site d Eleusis.

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Mécanique de la surinterprétation

La traduction par C. Ruck de « Panagia Mesosporitissa » en – (Our Lady) « Within the Kernel of Grain «  – est-elle une métaphore inventée par C. Ruck, ou bien, l’existence, dans les textes classiques, des expressions « mesosporites » ou « mesosporitissa » constitue-t-elle effectivement la base objective de cette métaphore potentielle ? Dans cette seconde hypothèse, la lecture de C. Ruck ne serait pas démontrée, mais il serait tout au moins légitime de la formuler. En l’absence de telles occurrences, la métaphore de C. Ruck serait alors un anachronisme un peu particulier, lequel poserait un point de capiton « fantasmé », au sens ou « mesoporites » n’appartenait pas à la langue classique .

Reformulons cette question : les affects panmycistes de C. Ruck l’entraînent-ils à ajouter une pièce à la construction panmyciste ? Il est naturel que C. Ruck soit affectivement attaché à la défense de l’hypothèse, qu’il formulait en 1970 en compagnie de Wasson et de Hofffman, d’autant plus que, comme il s’en explique à quelques reprises, il éprouve un net dépit de ne pas l’avoir vu reconnue par le mainstream académique. Ce contexte affectif permet de comprendre comment – en 2006 – il procède au rattachement poétique, quasi mécanique et sans explication, de « mesosporitissa » au complexe de signification éleusinien, c’est-à-dire en ajoutant – à l’intérieur du coeur du grain – à l’ensemble des métaphores « éleusiniennes ». La traduction de « Mesosporitissa » par C.Ruck est en effet, a priori, une dérive sémantique, c’est-à-dire, une métaphore vive, laquelle vient juste d’être inventée, et ne se justifie que de la vision poétique de C. Ruck appelant de ses voeux au renouveau de cette modeste chapelle sur ce site aujourd’hui saccagé. Bien entendu, C. Ruck peut encore apporter la preuve de l’utilisation antérieure de cette métaphore, non seulement par la présence de Μεσοσπορίτισσα dans les textes classiques, et en présentant des indices sérieux sur son usage métaphorique effectif à l’époque classique également.

Dans cette perspective, et à défaut de preuves, C. Ruck ajouterait une dérive sémantique, historiquement datable (2006), aux traces déjà laissées par la sédimentation d’affect liée aux drogues dans le réseau de signifiants du Kykeon. Rappelons que notre cadre théorique ne repose ni sur la nécessité de l’usage effectif de drogues, ni sur la prise en considération de structures primordiales « archétypales », mais sur les traces laissées par l’inscription progressive du parcours des affects des locuteurs sur leur lexique, c’est à dire du frayage des affects au travers des propriétés phonétiques et graphiques des signifiants. Cette approche constructiviste permet, entre autres, d’éviter à l’ethnomycologie de contrôler la tendance à la surinterprétation des données par l’usage subliminal de la sémiose illimitée. Revenons à l’exemple fourni par la structure du texte d’introduction au séminaire de poésie de Medellín ( 252 lignes en format A4) ce texte s’articule autour du mot « nucleus » utilisé comme pivot  » we propose that Elefsina become the nucleus and world center for humankind’s renegotiation of its compact with its planet Earth ». Dans la première partie ( ligne 1 à 239 ) C. Ruck reprend l’historique de l’hypothèse de l’ergot du seigle. Pour le rôle du grain infecté, il utilise le mot « kernel », lequel revient à onze reprises, comme le mot « grain » (onze reprises également), et de « seed » (sept reprises). Ensuite, à la ligne 240, il utilise une seule fois le mot « nucleus », le second sens de « kernel ». Sur le plan rhétorique, l’insistence sur « kernel » construit le contexte poétique par lequel le mot « nucléus » prend sa force de pivot symbolique faisant d’Elfsina le coeur d’une renaissance « spirituelle »de l’Humanité. Même si cet aspect n’est pas évoqué dans cette l’insistance sur « kernel » et  » grain » renvoie à une précédente interprétation du nom de la chapelle orthodoxe « Panagia Mesosporitissa » laquelle est également située sur le domaine archéologique d’Elfsina. la traduction par « Within the Kernel of Grain » condense trois métaphores :

  • Le « coeur du grain » est au sanctuaire chrétien,
  • comme le Kikeon est à Éleusis ,
  • comme l’ergot de seigle est au grain. cropped-point-de-capition-fantasmé-1.jpg

 

Selon le schéma saussurien, parallèlement au déroulement du flux des signifiants,  l’esprit du locuteur/lecteur est à la recherche d’un point d’accrochage permettant l’expression du sens de la chaine des signifiants; Jacques Lacan reprendra cette idée au travers du concept de « point de capiton » .

Si la continuité entre les rites éleusiniens et le rite catholiques du –don de nourriture aux morts– est bien établie et se pratique encore aujourd’hui comme cérémoniel de renaissance de la vie 2, C. Ruck peut-il y « embarquer » une référence archétypale à l’usage du claviceps purpurea par la simple proposition d’une métaphore dont il serait, jusqu’à preuve du contraire, le seul auteur ? La réponse à cette question est, en premier, négative . Nous devons toutefois considérer la possibilité que la métaphore utilisée par Ruck soit la réédition d’une métaphore antérieure, et pour cela, non seulement plaider à charge contre l’hypothèse, mais également plaider à décharge. Le mieux état de rechercher dans les textes une formulation similaire, puis de la trouver .

La dimension anagogique mérite également d’être soulignée, C. Ruck, ne détaille pas sa métaphore et ne la justifie pas, « elle va de soi », ce qui revient à établir une connivence affective avec les neurones du lecteur en les laissant libres de prendre les aiguillages panmycistes, qui lui apporterons le sentiment de satisfaction associé à la participer au secret ( remarquons que C. Ruck « sanctifie » sa traduction en ajoutant des majuscules ). Pourtant; comme nous le vérifierons, la traduction banale est bien plus légitime, par exemple « du milieu des moissons« . Accessoirement , Ruck relance un lien en direction du vase d’Elfira présenté G.Samorini (cf. infra), et pour lequel la représentation d’un épi de blé est stylisée par la représentation d’un seul grain . Avant d’examiner ce point plus en détail, souligno20100604_WHOLE_GRAINS-400x368ns tout d’abord l’importance accordée par Ruck aux résonnances poétiques du mot « kernel ». Si la traduction française de « barley kernel » est « grain-d’orge », « kernel » est plus précis , il désigne le noyau, c’est-à-dire la partie composée de gluten (l’endosperme), à laquelle, dans la composition d’un « grain », s’ajoute la partie fibreuse englobante (« bran ») et aussi le germe . La traduction « within the kernel » est redondante , elle insiste sur une liaison au « noyau », c’est à dire, implicitement, sur la thèse associant l’ergot de seigle comme source de la drogue éleusinienne essentielle 3. La traduction de Ruck attire l’oreille sur l’essentiel, elle invite à englober le culte de la Vierge Marie au secret éleusinien d’une préparation du Kikeon à partir de grains infectés par l’ergo de seigle, avec en arrière fond, la modeste chapelle orthodoxe, ainsi transformée en gardienne du secret .

§


Critique de la métaphore

Rappelons tout d’abord que l’identification de l’ergot de seigle dans la composition du Kykeon, la drogue utilisée pour les Grands Mystères, n’est encore qu’une hypothèse. Ce qui « est démontré », se résume à la – possibilité – de préparer une solution à base d’ergotine et dépourvue d’effet secondaire. Aucune preuve archéologique matérielle n’est jusqu’ici venue soutenire cette hypothèse. Aujourd’hui encore, malgré quelques recherches supplémentaires (Samorini, P. Webster) la graminée et le mode de préparation – potentiel – ne sont pas clairement déterminés. L’hypothèse n’est, par ailleurs, soutenue qu’au travers une série de conjectures d’ordre littéraire 4.


Plaider à charge contre l’hypothèse

L’Église orthodoxe, pour des raisons théologiques ou pour souligner une des modalités d’intercession de la Vierge, y appose à son nom (Panagia) un ensemble de qualificatifs; en voici quelques exemples, repris de l’article « Panagia » de Wikipedia.

  • Angeloktiste (Angel-Built) Bebaia Elpis (the Certain Hope) Boetheia (the Helper) Brephokratousa (the Infant-Holder) Chrysopege (the Fountain of Gold) Deomene (the Supplicant) Eleousa (the Merciful) Eleutherotria (the Liberator) Evangelistria (the Bearer of Good News) … Pharmakolytria (the Deliverer from poison) Platytera ton Ouranon (the Wider than the Heavens) Ponolytria (the Deliverer from pain) …

Constatons tout d’abord que C. Ruck choisit, une traduction topologique (au coeur, au centre) pour « meso », alors que la traduction temporelle (au milieu de, à moitié) convient davantage. Par ailleurs, sporos, sporitissa renvoie autant à « grain » qu’à « semailles », comme l’indique l’usage grec des :

  • Panagia Archisporitissa ( Vierge d’avant les moissons),
  • Panasia Mesosporitissa (Vierge du milieu des moissons) ,
  • Panasia Aposporitissa (vierge d’après les moissons), et de la Panagia Polysporitissia ( Vierge de toutes les moissons).

En fonction de ces usages attestés Panagia mesoporostissia peut donc très légitimement se traduire, en premier, par exemple par « Marie du milieu des semailles », ce qui a l’avantage de correspondre à un rituel, encore pratiqué de nos jours, celui de faire bouillir différentes variétés de grain dans un chaudron (ce rite ne constitue pas la preuve que « faire cuire des graines » constitue la perpétuation d’un rituel antique de préparation à base d’ergot) . Pour plus de détails, il est loisible de télécharge l’étude de EVY J. HÅLAND, When the Dead Ensure the Food. Death and the Regeneration of Life .

panagia
extrait de l’article de Evy johanne Háland, When Dead Ensure the Food.

Plaider à décharge.

Giorgio Samorini est sans doute l’un des chercheurs qui se sont le plus attachés à réunir les arguments et à discuter en détail la thèse de l’ergot éleusinien. G. Samorini convient qu’il n’existe qu’une seule représentation éventuellement susceptible d’appuyer cette thèse, il écrit à propos du vase reproduit ci-dessous :

ergot-efira
Ceramica di Efira, cultura Micenea, 1500 a.C. Museo di Corinto, altezza 8,5 cm

Probabile raffigurazione di sclerozio di segale cornuta fuoriuscente da una spiga, dipinta in una ceramica di Efira, cultura Micenea, 1500 a.C. Museo di Corinto, altezza 8,5 cm (da Demargne, 1988, fig. 330, p. 238)

et ajoute ce commentaire:

Per quanto riguarda gli aspetti iconografici, non sembra che la segale cornuta sia stata individuata nell’arte di alcuna popolazione antica. Personalmente ho trovato un solo documento dove è rappresentato in maniera alquanto probabile un grosso sclerozio fuoriuscente da una spiga dipinto in una ceramica di Efira (Ephyra), un’antica città micenea, con datazione al 1500 a.C. Nella parte terminale superiore dello sclerozio è stata dipinta una “papilla”, che ben corrisponde alla “papilla” terminale degli sclerozi di Claviceps purpurea.

Discussion.

Lorsque Samorini souligne la présence d’une « papille » pouvant correspondre à la papille terminale d’un sclérote (voir figure adjointe,) il oublie de faire remarquer que cette « papille » peut tout aussi bien être la stylisation de la « brosse » terminale d’un simple grain seigle. Par ailleurs, Samorini ne pose aucune question; ce qui laisse sous-entendre que l’image parle d’elle-même. Il convient de faire remarquer que la céramique grècque montre fréquement des représentation d’épis comme formé d’un seul grain,il s’agit sans doute d’une métonymie obligée par l’échelle  des représentation. Dans cette perspective, le céramiste du vase D’effiranombreuses représentation d’épis  ne fit que reproduire une convention stylistique

Cinq questions auxquelles il reste à répondre.

  • La première étape serait de situer ce vase dans le corpus des vases grecs et mycéniens (forme fonction, fréquence, etc.à) afin d’en ,éventuellement, être à m^me d’en préciser l’usage; est-ce un vase cérémoniel ou un vase ordinaire, la taille du vase, assez réduite, devrait également être interprétée ?
  • Il semble que la figure représente « un épi » pour autant que l’on attribue aux filaments symétriques d’être la stylisation de la barbe d’un épi, et aux deux formes situées au pied de la hampe d’être la représentation des feuilles de l’épi.
  • Les représentations d’un épi faisant abstraction des grains, pour ne garder que la forme générale de l’épi, semblent assez courantes, et s’expliquent par le manque d’espace relativement à la figuration de détails
  • Dans l’hypothèse de la représentation du grain ou celle d’un sclérote, l’image présentée serait une forme de métonymie, il conviendrait donc tout d’abord de situer cette forme métonymie à l’intérieur de l’art grec .
  • La question de la couleur du grain ou du sclérote n’a pas été soulevée, le noir convenant d’emblée à la représentation d’un sclérote également foncé, et contrastant avec la couleur beaucoup plus claire des grains. Il semblerait donc naturel de penser qu’il s’agit de la représentation d’un sclérote, mais à la condition que les contraintes techniques propres à ce type de glacé soient étudiées avec précision. En effet, la figure du vase Efira est noire sur fond clair, par comparaison, a l’opposé sur le vase du Louvre les figures de Triptolème et Démeter sont claires sur fond noir, l’usage courant des techniques utilisées permettait -elle aisément de représenter un grain dans une teinte plus claire, et non pas en foncé. Par contre il convient de faire remarque que le vase du Louvre stylise les épis sous forme d’une masse uniforme qui en gomme le détail des grains. Cet usage peut expliquer la stylisation du grain dans la figure de la céramique d’Effira .

cereale-ergot-seigle
Seigle ergoté

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Ergot de seigle et Claviceps purpurea

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Triptolème et Déméter (Louvre)

Conclusions provisoires

Avant de conclure, d’autres représentations, comparables au vase d’Efyra, devront être rassemblées, et par ailleurs éventuellement mises en correspondance avec l’occurrence des mots « Mesosporitissa » Μεσοσπορίτισσα ou encore mesosporites μεσοσπορίτης dans les texte classiques.

Notes:

  1. LISTSERV@LSV.UKY.EDU ; John McChesney-Young <Jmccyoung@GMAIL.COM> , University of Kentucky
  2. EVYJ HÅLAND, When the Dead Ensure the Food. Death and the Regeneration of Life Pdf telechargeable
  3. http://samorini.it/site/etnobotanica/varia/segale-cornuta-ergot/
  4. À l’exception – trompeuse- d’une fouille archéologique établie sur le site du Mas Castellar (Espagne) laquelle a mis à jour un récipient contenant du seigle ergoté. Toutefois, souligner comme le font les auteurs de l’article, le fait que lieu de la fouille était proche d’un sanctuaire éleusinien ne permet aucune conclusion. En effet, l’ergot est présent partout depuis toujours, et les lieux de sanctuaires éleusiniens sont très nombreux. Un second argument serait que des traces d’ergots n’auraient pas été retrouvées dans l’espace des moulins à blé attachés au même site archéologique. Ce dernier argument servant à démontrer que le rassemblement du blé contaminé est volontaire; l’inversion de l’argument est tout aussi tenable, il est en effet probable que les habitants du site ne portaient pas de blé contaminé au moulin pour en faire une farine toxique, ce qu’il ne pouvaient par avoir manquer d’expérimenté -réf. G. Samorini, Archeologia dell ’ergot, paragraphe : Mas Castellar, situato vicino al villaggio di Pontós, in provincia di Girona, Spagna

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