Imagerie eidétique

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Pourquoi accoler « eidétique » à « imagerie », alors qu’  imagerie est puéril, tandis qu’eidétique est un terme philosophique pour désigner  l’essence des choses?

L’imagerie sensorielle est un phénomène banal, décrit, entre autres, par Léonard de Vinci

 « Si tu regardes un mur couvert de taches ou fait de différentes espèces de pierres et que tu cherches à imaginer une scène, tu y découvriras des paysages variés, embellis de montagnes, rivières, rochers, arbres, plaines, larges vallées et collines dans divers arrangements ; ou encore tu verras des batailles et des figures humaines en action ; ou d’étranges visages et costumes, et une infinité d’objets que tu pourras ramener à des formes parfaitement dessinées »,
Léonard de Vinci , Carnets, édition de H. A. Suh, Parragon Books Ltd, 2006, p. 37.

Il s’agit ici de « fantaisie » de « fantasia », éventuellement de « phantasme »; de voir des choses, de construire des images par une une rêverie supportée par un objet réel. Dans ces cas de figure, l’intention du rêveur éveillé est faible. À l’inverse, pour l’imagerie que l’on peut ainsi qualifier d’eidétique, le rêveur a la ferme intention 1 de faire révéler « le sens des choses » à l’image qu’il se construit.

L’imagerie sensorielle est assez commune chez les enfants et plus rare chez les adultes.

Notes:

  1. Pour une approche de l’intentionalité dans la construction de l’image, voir par exemple, l’article de Vincent de Coorebyter, De Husserl à Sartre. La structure intentionnelle de l’image dans L’Imagination et L’Imaginaire, Methodos, 2012

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