Sémiose illimitée

Dérive sémantique illimitée

L’illimitation des dérives sémantiques se comprend selon le modèle, donné par U. Eco, d’une série d’objets A, B, C, D…, caractérisés chacun par une liste de critères de type (a,b,c…). Au terme du processus de dérive, l’objet final ne partage plus aucune caractéristique de l’objet initial.

Item_1: A B C D
Item_2: B C D E
Item_3: C D E F
Item_4: D E F G
Item_5: E F G H

 

« Simplification » d’une dérive sémantique.

simplification-derive-semantique

L’objet A est défini comme (A-abc) et l’objet (B-bcd), il sont ainsi sont comparables selon les critères « b » et « c », mais ne le sont pas selon a et b ; de même, les objets (B- b,c,d) ; (C-c,b,e) ; (D-d,e,f). A,B,C, et D peuvent être mis en relation sur la base de la présence de caractéristiques communes aux couples d’objets successifs A/B, B/C, D/C … Par contre, la simplification, c’est-à-dire l’effacement, des rapports intermédiaires, fait que les objets A et D n’auront plus aucun point commun, alors même qu’ils sont reliés par une suite de significations à chaque fois partagées deux à deux. Ce schéma peut être retraduit en suite de relations mnésiques ainsi la signification, sur le principe, la signification de A est formée par les arcs (a-b), (b-c), (a-c), tandis que la signification de D par les arcs (d-e) (e-f) (f-d) ce qui implique qu’il n’y ait aucun point commun tout en faisant partie du même réseau. Une remarque encore, nous avons arbitrairement fermé la définition de chaque terme par trois critères, alors qu’en principe, la liste des critères peut elle-même être illimitée, ce qui serait formalisé sous la forme (A abc…). Dans cette perspective, il demeurerait toujours une suite de critères très éloignés, selon lesquels n’importe quel terme de la suite serait comparable à n’importe quel autre. Nous nous retrouvons alors dans la situation où « tout est équivalent à tout et réciproquement », ce qui du point de vue de la compréhension, n’avance guère .

Plus prosaïquement, le fait que la mise en relation soit toujours possible n’implique pas que le sens soit pertinent. Prenons l’exemple d’un jeu de langage sur le mode enfantin (voir Witgesnstein infra), soit la série : selle de cheval > cheval de course> course à pied, > pied de cochon … , laquelle permet, en effet, de « vendre n’importe quoi ».

L’ethnomycologie panmyciste comme jeu de langage

Sur le plan formel, la question de la validité de la dérive sémantique équivaut à celle de la family resemblance chez Wittgenstein.

But if someone wished to say: “There is something common to all these constructions–namely the disjunction of all their common properties”–I should reply: Now you are only playing with words. One might as well say: “Something runs through the whole thread–namely the continuous overlapping of those fibers.”

Aphorism 65-69 from
Wittgenstein,  Philosophical Investigations.

Cette similarité rapproche le panmycisme des « jeux de langage », et donc, comme l’indique Wittegenstein, de la faculté de subsumer quelques aspects de plus anciennes formes de langage, mais sans en rendre raison, pour autant)

À l’avenir j’attirerai inlassablement votre attention sur ce que j’appellerai des jeux de langage. Ce sont des manières d’utiliser des signes plus simples que celles dont nous utilisons les signes dans notre langage quotidien (…). Les jeux de langage sont les formes de langage par lesquelles un enfant commence à utiliser les mots. L’étude des jeux de langage est l’étude de formes primitives du langage, ou de langages primitifs.

Wittgenstein, Cahier Bleu, trad. Goldberg et Sackur, p. 56.

Vue sous cet angle, l’ethnomycologie panmyciste est, pour l’essentiel, construite par l’application de procédés de langage primitifs à la compréhension de la construction primitive des langages mycomythologiques originels. Et donc, plutôt que d’en éclairer la compréhension: « l’embrouille ».

Travaux

Remarques sur la métaphore

formecanoniquemetaphorePrésentation : Problèmes de la métaphore ,[article]sem-linkJ. Molino sem-linkF. Soublin sem-linkJ. TamineLangages Année 1979 Volume 12 Numéro 54 pp. 5-40Fait partie d’un numéro thématique : La métaphore

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